La police locale des Ardennes flamandes et l’asbl Samenlevingsopbouw Gent remportent le Zen Award 2008
Les deux Zen Awards décernés ce mardi 7 octobre visent à récompenser des entreprises qui mènent une politique de gestion du stress efficace. Le jury, composé de personnalités des mondes académique et de l’entreprise, a cette année décerné le prix à la police locale des Ardennes flamandes et à l'asbl Samenlevingsopbouw Gent.La manière d'appréhender le stress au travail, les moyens mobilisés dépendent notamment de la taille de l'entreprise. Deux catégories ont donc été définies, la première comprenant les entreprises de 5 à 50 travailleurs, la seconde, celles de plus de 50 travailleurs.
Pour élire les nominés, le jury s’est basé sur une enquête du stress menée auprès des travailleurs de l’entreprise et sur le dossier décrivant les actions mises en place, dossier que les responsables RH ou dirigeants d’entreprise nominés ont défendu oralement. Traject, Wijkgezondheidscentrum Brugse Poort et Samenlevingsopbouw Gent ont ainsi été nominés dans la 1ère catégorie. Quasus, la police locale des Ardennes flamandes ainsi que l'imprimerie Saint-Luc étaient les nominés de la 2e catégorie.
Deux gagnants
Samenlevingsopbouw Gent – gagnant dans la catégorie 5-50 travailleurs
« Nous avons été étonnés par la volonté de cette asbl d’être à l’écoute et de travailler au bien-être de ses collaborateurs malgré le peu de moyens dont ils disposent. » explique Chantal Cabuy, Directeur RH chez Cofinimmo et membre du jury. «Ils sont conscients que, pour pouvoir aider les défavorisés, leur principal atout sont leurs propres travailleurs. L’asbl a mis en place un système d’évaluation assez étonnant : le chef de projet soumet d’abord son évaluation du projet à tous les collaborateurs qui y ont participé avant de le remettre à son supérieur.»La police locale des Ardennes flamandes – gagnant dans la catégorie des plus de 50 travailleurs
« Nous avons voulu récompenser la police locale des Ardennes flamandes pour tous les efforts visant à améliorer le bien-être des travailleurs » explique Catherine Hellemans, du Laboratoire de Psychologie du Travail et Psychologie Economique de l'Université Libre de Bruxelles et membre du jury. « Si l'enquête montre que le stress est encore présent dans le corps de police, il faut comprendre qu’il est en partie inhérent au métier. Nous avons voulu souligner la grande ouverture de ce corps de police par rapport à une problématique qui n’est pas du tout simple à gérer dans ce type de profession. »
« Le stress au travail est la principale cause d’absentéisme des travailleurs. Ce constat n’est pas nouveau mais le monde de l’entreprise en prend de plus en plus conscience » commente Ralph Corbey, administrateur délégué du Groupe RH HDP-AristA. «Nous avons, par l’organisation de cet Award, voulu récompenser les entreprises qui prennent ce problème à cœur. De plus, nous souhaitons montrer qu’il y a toujours moyen de mettre des actions en place afin d’améliorer le bien-être des collaborateurs quel que soit le secteur, la taille de l’entreprise ou la nature du travail. Les deux gagnants de cette année en sont la meilleure preuve.»Les gagnants en détails
Samenlevingsopbouw Gent
Chacun a le droit de vivre dans la dignité. C’est selon cette philosophie que l’association lutte contre la précarité sociale, la pauvreté et l’exclusion. L’équipe de 32 collaborateurs développe avec les habitants de Gand ses projets dans 7 quartiers défavorisés de la ville. Une partie des collaborateurs est issue des groupes sociaux que l’asbl vise à aider.Malgré sa petite taille, l’asbl a mené fin 2006 une enquête de satisfaction auprès de ses collaborateurs.
Ces résultats ont donné l'occasion de travailler de manière concrète autour de la charge de travail et des facteurs de stress en général. L’asbl a intégré les points à améliorer dans son plan pluriannuel et plusieurs actions prioritaires ont été planifiées à court et à long terme.
« Nous avons travaillé sur la charge de travail de deux manières » explique Ann Bonte, chargée de mission. « D’une part, nous avons réinstauré une politique relativement stricte en matière d’heures supplémentaires en nous assurant qu’elles ne dépassent plus un certain niveau et qu’elles soient régulièrement récupérées. D’autre part nous voulons, en plus de la description de fonction, définir plus précisément les tâches de chacun. En travaillant avec les habitants des quartiers défavorisés, des liens se nouent et il est parfois difficile pour le collaborateur de refuser certaines de leurs demandes. Cette définition précise des tâches donne un canevas de référence plus clair au collaborateur.»
L’asbl a également décidé de travailler sur les conditions de travail en prévoyant un programme de remplacement des ordinateurs, l’achat de matériel électronique nécessaire et par la création d’espaces de calme dans chaque local de sorte que le travailleur puisse s’isoler plus facilement lorsqu’il doit se concentrer.
L’asbl a également décidé d’investir dans la formation de ses collaborateurs. Ceux-ci peuvent prendre une journée de formation par mois sur leurs heures de travail.
La police locale des Ardennes flamandes
Le corps de police des Ardennes flamandes compte 125 personnes et veille sur cinq communes totalisant 58.000 habitants. La fusion des services de police en 2002 a entraîné une réorganisation importante et la mise en place d’une structure horizontale.
Le stress au sein du corps de police découle de plusieurs facteurs, comme l'explique le Commissaire Six, du service de police de prévention. « Premier facteur : le stress est inhérent à notre métier. Les fonctionnaires de police interviennent souvent dans des situations de crises. De plus, le risque d'un effet d'accumulation, la culture machiste dans notre organisation, les restrictions du secret professionnel sont dans notre catégorie professionnelle des éléments particuliers qui peuvent compliquer la gestion du stress. »
Il est difficile d'améliorer les conditions de travail à l’extérieur ou dans la rue mais le service de prévention a tenté d’améliorer autant que possible les conditions de travail dans les locaux en remplaçant le matériel.
Les permanences obligatoires ne facilitent pas l'équilibre vie privée-vie professionnelle des policiers. La police des Ardennes flamandes a dès lors instauré le livre ‘des doléances’. Chaque agent y note les permanences qu’il peut ou ne souhaite pas effectuer par exemple en raison d’obligations sociales. Le service opérationnel en tiendra le mieux possible compte de sorte que les permanences soient réparties de manière optimale.
La charge mentale est excessivement forte dans cette profession. La police des Ardennes flamandes est consciente de l’importance de pallier ce problème et a instauré plusieurs dispositifs : des débriefings après les interventions délicates, des collaborateurs dits de références qui sont à l’écoute de leurs collègues, des formations ciblées aux risques du métier, une permanence des services sociaux afin que le collaborateur puisse parler en toute discrétion tant des difficultés professionnelles que privées.
La police des Ardennes flamandes ne se repose pas sur ses lauriers : elle a également créé un groupe de gestion du stress afin de suivre la problématique et de prévoir d'autres actions.
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7 Octobre 2008


